A défaut

À défaut de comprendre
On ne comprend que tard

Nous essayons des méthodes
Pour calmer l’éruption

Untel s’accommode de boire
Untel inspire par le ventre

Le vent déplace les arbres
Et moi, je ne dors pas

Un futur livre explique ça
Je ne sais pas qui l’écrit.

(An Ividic, 18 août 2008, 1h39)

De chez JuriGène™

Et au réveil en somme il était mort
Ainsi se termine l’étrange histoire
Du type construit par JuriGène™
Un type affreux vous pouvez croire

En réalité on pourra se demander
Pourquoi vers la fin il a laissé
Au fils, au père, ses poursuivants
La possibilité de le fiche en bas

Le fils l’a manqué, le père est derrière
On avait si peu de munitions, quatre
Le fils fiche dans la porte la dernière
Le type de chez JuriGène™ a gagné

Et pourtant le voilà calme et couché
Et le père a tout loisir d’arracher
Du chambranle la flèche explosive
Et de lui planter plaf dans le cou

À bout portant à bout portant
On a beau sortir de chez JuriGène™
Les yeux fermés, paisible et dégagé
Au réveil en somme on est mort

Je sais je sais on ne devrait pas
Tirer le portrait d’un mercenaire
Avec mystère, mais pour en dire ici
Davantage il faudrait l’inventer.

 

(Penvenan, 6 février 2008)

Sous le matin

Sous le matin, le ciel est grumeleux
Je m’enroule dedans, nu parmi l’herbe

Cligne un œil, puis l’autre, ça ne passe pas
La densité du ciel n’est pas encore serrée

L’horloge dit qu’il est six heures trente
Douze étoiles plafonnent

La chouette module et s’enfonce dans le val
Un souffle passe sur les éveillés

Aux dernières nouvelles, le tissu du ciel
A quasi repris son tendu normal.

 

(An Ividic, 30 août 2008, 7h03)

Pluie

Des petits plots d’énergie
Ont l’air de remonter de l’espace

Ce n’est pas qu’ils tombent
Ils sortent du monde

De la table, du toit
De la bassine en fer

Les constellations du ciel
Pètent par terre

La tour de contrôle est allumée
Quelqu’un fait les cent pas

Sur mon compte
Il est cinq heures, je ne dors pas

Des petites grossesses
Se jettent aux arbres, par en dessous

De très petits doigts pincent
Et détendent la peau du toit

Rangs, trilles, aperçus de musique courante
Petit bond d’un audacieux, petits flops

Micro-becs de gaz du côté
De la bassine blanche émaillée

Il est six heures
Et pour survivre au crible

On monte au grognard de la tour
Une écritoire. Et de la pluie.

 

(Pont l’Abbé, 2 août 2008, 6h22)

Courant

La lionne brise l’antilope
Toute vie se transforme

Ça doit produire du courant
Pensais-je, sur le point de dormir

En l’inventant, Dieu n’a pas dû penser
Que l’on s’attacherait tant.


(An Ividic, 5 septembre 2008, 9h14)