Ciel de givre avec fantôme

Au début de l’après-midi
Nous sommes sortis de la maison

Nous avons croisé un gars
Qui n’a pas tout de suite vu

Ma tête de Nouvel An
Moitié barbeuse moitié rasée

La brume fait sa journée
L’air est un bain de givre allumé

La route descend du village
Nous traversons quelques bois

En parlant peu et puis un pré
Les bruits vivent très peu ce jour-là

Puis je rencontre cet arbre
Dont la tête échange avec l’air

Diverses formules de buées
Moi j’échappe à tout, sauf au frisson

Aussitôt l’air effiloche
De si vieux airs

Que mort à l’instant
Je serais l’un d’eux

Mais jusqu’ici rien à dire
J’entends pousser du sang.

 

(Décembre 1991, Jura)